Assurance-vie, PEA ou compte-titre : quelle enveloppe choisir selon votre objectif ?
Chaque enveloppe a un rôle précis, et aucune ne gagne partout. Assurance-vie, PEA, compte-titre : la répartition qui correspond vraiment à votre objectif.

PEA, assurance-vie et compte-titre ne sont pas trois candidats en compétition pour le même poste. Ce sont plutôt trois outils différents dans une même boîte à outils : un marteau, un tournevis et une clé à molette.
La question n'est jamais lequel est le meilleur outil dans l'absolu, mais lequel sortir selon la tâche.
💡 À retenir en 2 minutes :
→ Le PEA reste la meilleure enveloppe fiscale pour faire grossir un capital en actions sur le long terme, avec une fiscalité totale de 18,6 % après 5 ans contre 31,4% pour le compte-titre.
→ Cet avantage s'inverse presque totalement sur la transmission, où l'assurance-viegarde une longueur d'avance nette grâce à son abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
→ Sur la partie du capital qu'on veut sécuriser en continu, sans échéance à respecter, seule l'assurance-vie donne accès au fonds euros. Le PEA et le compte-titre peuvent aussi accueillir du capital garanti, mais uniquement via un fonds ou un produit structuré à échéance fixe : jamais de façon permanente.
→ Trois enveloppes, trois rôles : la bonne réponse dépend presque toujours de votre objectif plutôt que d'un classement universel. Elles ne sont pas toujours concurrentes mais complémentaires, et c'est ce qu'on aborde dans cet article !
Ce qui change en 2026
→ Depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PEA et du compte-titre passent de 17,2 % à 18,6 %, avec la création d'une contribution entièrement nouvelle, la CFA (Contribution Financière pour l'Autonomie).
→ L'assurance-vie est explicitement exclue de cette hausse et reste à 17,2 %.
→ Ce détail change plusieurs arbitrages détaillés plus bas.
Sommaire
- Le grand malentendu sur le PEA et l'assurance-vie
- Le grand comparatif chiffré : PEA, assurance-vie et compte-titre face à face
- Assurance-vie ou PEA : tout dépend de votre objectif
- PEA ou compte-titre : qui doit vraiment franchir le pas du CTO
- Cumuler assurance-vie, PEA et compte-titre : la bonne pratique selon votre patrimoine
- Le piège du plafond PEA à 150 000 €
- Foire aux questions
① Le grand malentendu sur le PEA et l'assurance-vie
Sur les forums d'épargnants, on lit toujours la même chose.
Sur le PEA : « ne touchez à rien, la bourse c'est du long terme, un stop-loss c'est un biais d'activité qui coûte cher enfrais. »
Sur l'assurance-vie : « attention, lesarbitrages prennent 48 à 72 heures, en cas de crash vous êtes coincé. »
Personne ne semble remarquer que ces deux conseils se contredisent.
→ Si la règle est de ne jamais vendre son PEA, peu importe qu'un ordre passe en une seconde ou en trois jours sur son assurance-vie. Le problème n'est pas le délai d'arbitrage. Le problème, c'est qu'on donne des leçons de discipline sur une enveloppe et des leçons de réactivité sur l'autre, sans jamais les confronter.
Si votre situation mélange plusieurs enveloppes déjà ouvertes et plusieurs objectifs à la fois, on peut en discuter directement plutôt que de trancher seul dans le doute.
② Le grand comparatif chiffré : PEA, assurance-vie etcompte-titre face à face
💡 À retenir :
→ Sur 20 ans, aucune des trois enveloppes ne gagne sur tous les tableaux.
→ Le classement change selon qu'on regarde la fiscalité, le fonctionnement du retrait, l'accès aux marchés, ou la transmission, et donc de votre objectif.
→ Sur la poche actions, le risque de perte en capital existe dans les trois cas de la même façon : l'écart entre elles est fiscal et structurel, jamais un écart de risque de marché.
Ce constat vaut pour la poche actions elle-même. Mais la vraie différence de risque se joue avant : le PEA impose un minimum de 75 % d'actions, ce qui exclut toute poche défensive permanente à l'intérieur de l'enveloppe.
Un fonds à formule éligible PEA peut sécuriser du capital, mais seulement à une échéance donnée, jamais en continu. L'assurance-vie reste la seule à donner accès à une garantie de capital permanente et disponible à tout moment, le fonds euros, ce qui en fait le socle naturel pour la partie du patrimoine qu'on ne veut pas exposer au marché.
Le rôle de chacune, avant les chiffres.
1. Le PEA est construit pour faire grossir un capital en actions sur le long terme.
2. L'assurance-vie est construite pour couvrir plusieurs besoins à la fois : sécuriser une poche défensive, transmettre, retirer de l'argent quand il le faut.
3. Le compte-titre n'a aucune vocation fiscale particulière, il existe pour donner accès à ce que les deux autres enveloppes interdisent.
Voici la vue d'ensemble, avant le détail de chaque ligne :
La fiscalité, poste par poste
Après 5 ans de détention, le PEA applique 0% d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains, soitune fiscalité totale de 18,6 %.
Le compte-titre applique 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux à chaque cession, sans notion d'ancienneté, soit 31,4 % au total.
L'assurance-vie, après 8 ans, dépend dumontant déjà versé : en dessous de l'abattement annuel (4 600 € pour unepersonne seule, 9 200 € pour un couple), la fiscalité tombe à 17,2 %,uniquement des prélèvements sociaux. Au-delà de cet abattement, pour des versements inférieurs à 150 000 € tous contrats confondus, elle remonte à 24,7%. Au-delà de 150 000 € de versements, elle atteint 30 %.
La lecture est claire sur les gros gains : le PEA reste devant l'assurance-vie de 6 à 11 points selon le montant déjà versé, et devant le compte-titre de 12,8 points.
Sur les petits gains annuels, sous l'abattement, l'assurance-vie repasse légèrement devant, à 17,2 % contre 18,6 %. Plus les gains sont importants, plus le PEA doit être saturé en priorité.
Un exemple permet de visualiser cet écart en € plutôt qu'en points de fiscalité.
Sur un placement de 100 000 € à 7 % brut par an, voici le capital net obtenu à 4 ans (avant l'ancienneté fiscale de chaque enveloppe) et à 8 ans (une fois les seuils de 5 ans pour le PEA et 8 ans pour l'assurance-vie dépassés) :
IMPORTANT : Ce comparatif suppose les trois enveloppes investies à 100 % en actions, ce qui n'est jamais l'usage réel de l'assurance-vie en pratique : sa force n'est pas de battre le PEA sur une poche 100 % actions, mais de sécuriser une partie du capital via le fonds euros : disponible en continu, sans échéance à respecter, tout en gardant une fiscalité compétitive sur le reste.
❌ Croyance répandue : « Le PEA est toujours plus avantageuxfiscalement que le compte-titre. »
✓ Réalité: Faux avant 5 ans de détention : les deux sont taxés exactement de la même façon, à 31,4 %. À frais identiques, un PEA courtier en ligne et un compte-titre affichent le même résultat au centime près. L'avantage fiscal du PEA n'existe pas avant ce seuil : il se construit uniquement à partirde la 5e année.
L'écart se creuse nettement entre les deux dates : le PEA courtier en ligne, à égalité parfaite avec le compte-titre à 4 ans (120 650 € chacun), prend près de 8 900 € d'avance sur le compte-titre et environ 11 900 € sur l'assurance-vie une fois l'ancienneté fiscale acquise. C'est la durée de détention, plus que l'enveloppe elle-même, qui construit l'avantage fiscal.
Le fonctionnement, pas seulement le taux
Les trois enveloppes ne se retirent pas de la même façon, et c'est souvent là que les comparatifs s'arrêtent trop vite.
Sur le PEA, un retrait après 5 ans n'entraîne aucune clôture depuis la réforme PACTE de 2019. On peut retirer une partie, continuer à verser dans la limite du plafond, et l'exonération d'impôt sur le revenu s'applique sur l'ensemble des gains retirés, sans calcul de proportionnalité.
Sur l'assurance-vie, chaque rachat partiel se compose d'une part de capital, non taxable, et d'une part de gains, taxable, selon un ratio proportionnel à la valorisation du contrat. Seule la part de gains passe à l'abattement annuel. C'est pour cette raison qu'un retrait étalé sur plusieurs années, plutôt qu'un rachat total en une fois, permet d'utiliser l'abattement plusieurs fois et donc de réduire la fiscalité globale.
Sur le compte-titre, chaque cession déclenche la flat tax sur la totalité de la plus-value réalisée à ce moment-là, sans aucune notion d'ancienneté ni d'abattement. C'est ce mécanisme qui crée l'effet de fossilisation détaillé plus bas.
PS : Un point technique utile pour les PEA ouverts avant 2018 : une partie des gains constitués avant cette date reste taxée au taux de prélèvements sociaux en vigueur à l'époque, parfois 12,3 % ou 15,5 % selon l'année, plutôt qu'au taux actuel de 18,6 %. Le teneur de compte calcule cette moyenne pondérée automatiquement au retrait. L'avantage reste modeste pour les PEA ouverts entre 2013 et 2017, plus notable pour les PEA très anciens.
L'accès aux fonds, la vraie différence structurelle
Le PEA impose une composition d'au moins 75% d'actions européennes.
Grâce à la réplication synthétique par swap, les ETF PEA modernes donnent accès aux indices mondiaux tout en respectant cette contrainte sur le papier, mais certains supports restent hors de portée : actions américaines détenues en direct, matières premières, or physique, produits dérivés.
L'assurance-vie donne accès à l'univers proposé par le banquier ou le conseiller en gestion de patrimoine :
- fonds euros garantis,
- unités de compte actions et obligataires,
- parfois SCPI
- ou produits structurés.
Cet univers est plus large que celui du PEA sur le papier, mais dépend entièrement de la qualité du contrat choisi.
Important : le fonds euros reste, des trois enveloppes, le seul support offrant une garantie de capital permanente, sans échéance à respecter .
Le PEA et le compte-titre peuvent eux aussi accueillir du capital garanti, mais uniquement via un fonds à formule (côté PEA) ou un produit structuré (côté compte-titre), toujours à échéance fixe et avec un risque de crédit sur l'émetteur ou le fonds.
C'est cette permanence qui fait de l'assurance-vie l'enveloppe de référence dès que la priorité devient la préservation du capital plutôt que sa croissance
Le compte-titre n'a aucune restriction : actions du monde entier en direct, matières premières, or physique, titres non éligibles au PEA. Cependant, le fonds euros n'est pas disponible sur le compte-titres : il est propre à l'assurance-vie et au plan épargne retraite (PER).
③ Assurance-vie ou PEA : tout dépend de votre objectif
💡 À retenir :
→ Le PEA gagne sur la fiscalité pendant la phase de capitalisation.
→ L'assurance-vie reprend l'avantage dès que la transmission, la sécurité ou la liquidité deviennent la priorité.
Un PEA se clôture automatiquement au décès de son titulaire. Cela signifie que pour le PEA :
- les gains latents sont exonérés d'impôt sur le revenu quelle que soit l'ancienneté du plan,
- les prélèvements sociaux restent dus au taux en vigueur,
- puis les titres sont intégrés à l'actif successoral selon le barème classique des droits de succession.
Aucun abattement dédié, aucune sortie facilitée.
Cette absence de mécanique successorale n'est pas un détail technique isolé : elle confirme que le PEA a été pensé pour faire grossir un capital, jamais pour le protéger ou le transmettre. Ces deux fonctions restent l'apanage de l'assurance-vie.
→ Pour quelqu'un dont l'objectif principal est la transmission, et qui dépasse les 70 ans, cette absence de mécanique successorale devient un vrai handicap et en fait un levier qui est selon nous inadaptée à cette démarche.
Sur la transmission spécifiquement, l'écart entre les deux enveloppes est net :
Les 5 cas où il vaut mieux privilégier l'assurance-vie au PEA
Voici les cinq situations où l'assurance-vie garde un avantage net sur le PEA, honnêteté oblige, malgré tous les atouts qu'on vient de démontrer.
1. La transmission successorale prioritaire.
Si l'objectif patrimonial principal est de transmettre un capital à des bénéficiaires, l'assurance-vie reste supérieure au PEA sur presque tous les points. Elle bénéficie :
- d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans,
- d'une sortie civilement hors succession,
- et de la possibilité de clauses bénéficiaires démembrées.
Le PEA, à l'inverse, est purement et simplement intégré à la succession, avec la fiscalité successorale classique. Pour une transmission qui compte vraiment, l'assurance-vie reste incontournable.
2. Les allocations défensives ou obligataires.
Le PEA impose une contrainte de 75 % minimum d'actions européennes. Pour une poche obligataire, un fonds monétaire ou une sécurisation progressive à l'approche de la retraite, le PEA n'est simplement pas adapté.
L'assurance-vie, avec son fonds euros et ses unités de compte obligataires, reste le véhicule naturel pour cette partie du patrimoine.
3. Les besoins de liquidité tactique.
L'assurance-vie permet des rachats partiels à tout moment, y compris avant 8 ans avec une fiscalité modérée, sans jamais clôturer le contrat.
Pour un patrimoine qui a besoin de garder une vraie souplesse, l'assurance-vie reste plus accommodante que le PEA.
4. Les revenus complémentaires en rente.
L'assurance-vie permet de programmer des rachats partiels réguliers, en profitant plusieurs fois de l'abattement annuel.
Pour quelqu'un qui prépare des revenus complémentaires à la retraite, cette mécanique fiscale est particulièrement bien adaptée.
5. Les patrimoines très importants, au-delà d'un million d'euros en actions.
Une fois les deux PEA d'un couple saturés à 300 000 € cumulés, il faut bien loger le surplus quelque part. L'assurance-vie devient alors le véhicule naturel pour la partie actions qui dépasse les plafonds du PEA.
En résumé :
Un exemple chiffré pour rendre ça concret : un couple qui transmet 300 000 € à ses deux enfants via une assurance-vie (primes versées avant 70 ans) profite de deux abattements de 152 500 €, soit 305 000 € au total.
Le même montant transmis via un PEA n'a droit à aucun abattement équivalent et suit directement le barème classique des droits de succession selon le lien de parenté.
Le PEA est excellent pour faire grossir un capital pendant la vie active. Il est mal taillé pour le transmettre. Retenir cette phrase suffit à trancher la majorité des arbitrages entre les deux enveloppes.
④ PEA ou compte-titre : qui doit vraiment franchir le pas du CTO
💡 À retenir :
→ Le PEA reste plus avantageux fiscalement, mais il enferme l'épargne dans un minimum de 75 % d'actions européennes.
→ Le compte-titre lève cette contrainte, pas la fiscalité.
Le compte-titre a mauvaise réputation, et sur la fiscalité seule, elle est en partie méritée.
Depuis la LFSS 2026 (loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025), la flat tax applicable aux gains du compte-titre atteint 31,4 %, répartis entre 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Cette hausse des prélèvements sociaux ne vient pas d'une augmentation de la CSG existante, mais de la création d'une contribution entièrement nouvelle, la Contribution Financière pour l'Autonomie, à 1,4 %.
La CSG reste à 9,2 %, la CRDS à 0,5 %, le prélèvement de solidarité à 7,5 %, soit un total de 18,6 %. Point notable : l'assurance-vie a été explicitement exclue de cette hausse et reste à 17,2 %.
Sur cette seule base, le PEA garde un avantage net de 12,8 points d'impôt sur le revenu épargné par rapport au compte-titre après 5 ans de détention. Si l'objectif est clairement de réduire la fiscalité sur des gains actions, le PEA doit être privilégié en premier, sans hésitation.
Mais la fiscalité n'est pas le seul critère.
Le PEA impose une composition d'au moins 75 % d'actions européennes.
Grâce à la réplication synthétique par swap, il est possible d'accéder indirectement aux marchés mondiaux via des ETF PEA, mais certaines expositions restent hors de portée du PEA : actions américaines détenues en direct, marchés dérivés, matièrespremières, or physique, ou certains titres non éligibles.
→ C'est précisément le rôle du compte-titre : ouvrir tout ce que le PEA ferme, quitte à accepter une fiscalité moins favorable sur cette poche spécifique.
Autre piège à connaître sur le compte-titre : la fossilisation des plus-values latentes.
Un investisseur qui a accumulé de fortes plus-values sur une ligne hésite souvent à vendre, uniquement pour éviter de déclencher la flat tax immédiatement.
Prenons un exemple : une position de 50 000 € avec 20 000 € de plus-value latente. La vendre déclenche 6 280 € de flat tax (31,4 % sur 20 000 €), ce qui peut suffire à décourager un rééquilibrage pourtant justifié sur le fond.
Cette hésitation, purement fiscale, n'existe pas sur un PEA de plus de 5 ans, où les arbitrages internes ne déclenchent aucune imposition tant que l'argent reste dans l'enveloppe.
❌ Croyance répandue : « Le compte-titre est la mauvaise option, à éviter autant que possible. »
✓ Réalité: La qualité de l'enveloppe pèse presque aussi lourd que son statut fiscal. Un compte-titre chez un courtier à frais bas peut produire un résultat net très proche d'un PEA mal optimisé en banque traditionnelle, malgré une fiscalité en apparence beaucoup moins favorable.
→ Le vrai rôle du compte-titre n'est donc pas d'être « la mauvaise option ». C'est la porte de sortie du corset européen du PEA, pour qui veut diversifier au-delà.
⑤ Faut-il cumuler assurance-vie, PEA et compte-titre ?
💡 À retenir :
→ PEA, assurance-vie et compte-titre ne sont pas des enveloppes concurrentes, mais complémentaires.
→ Aucune des trois, seule, ne couvre tous les besoins d'un patrimoine.→ Dans les faits, beaucoup d'épargnants finissent par les cumuler plutôt que par en choisir une seule.
Le PEA excelle sur la poche actions monde de long terme, avec une fiscalité optimale après 5 ans et des coûts bas chez lesbons courtiers.
L'assurance-vie excelle sur la poche défensive avec le fonds euros et les unités de compte obligataires, sur la transmission successorale grâce à son abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sur la liquidité, et sur les revenus complémentaires à la retraite.
= Aucune des deux ne couvre l'ensemble de ces besoins en même temps.
La logique patrimoniale à privilégier en 2026
→ Saturer en priorité les PEA du couple, soit 300 000 € cumulés, pour la poche actions monde de long terme.
→ Utiliser l'assurance-vie pour la poche obligataire et fonds euros, pour la transmission, et pour le surplus actions au-delà des plafonds PEA.
→ Réserver le compte-titre au dernier ressort, pour les positions spécifiques que ni le PEA ni l'assurance-vie ne permettent : actions individuelles hors zone euro, ETF non éligibles, matières premières, or physique.
Attention : cette règle change concrètement selon leprofil de risque, avant même la taille du patrimoine à placer.
Quel que soit le profil retenu, l'assurance-vie garde un point commun sur les trois lignes du tableau : c'est la seule enveloppe à jouer un rôle de sécurité, même réduit chez le profil dynamique. Le PEA et le compte-titre n'assurent jamais cette fonction, quel que soit le profil.
Une fois le profil de risque posé, la taille du patrimoine précise la mécanique :
Autour de 100 000 € à placer.
Sans les deux PEA du couple déjà remplis, la priorité reste de les alimenter pour la poche actions, dans la proportion que permet le profil de risque ci-dessus, en réservant une part à l'assurance-vie si une sécurité immédiate ou un objectif de transmission existe déjà.
Autour de 500 000 €.
Pour un profil équilibré ou dynamique, saturer le PEA à 150 000 € par personne prend tout son sens pour maximiser l'avantage fiscal sur la poche actions, avant de basculer le reste vers l'assurance-vie pour la diversification et la transmission.
En couple.
Le plafond de 300 000 € cumulé est souvent sous-exploité, simplement parce qu'un seul conjoint concentre les versements. Ouvrir et alimenter systématiquement les deux PEA double la capacité fiscale du foyer, quel que soit le profil de risque.
Au-delà des plafonds PEA.
Le compte-titre prend le relais pour le hors-UE et les positions spécifiques, l'assurance-vie absorbe le surplus actions et la partie défensive.
⑥ Le piège du plafond PEA à 150 000 €
💡 À retenir :
→ Leplafond du PEA porte sur les versements, jamais sur la valorisation.
→ Les versements automatiques mal suivis restent la première cause de dépassement.
Trois précautions simples évitent laquasi-totalité des erreurs qu'on observe sur le plafond du PEA.
Prendre date le plus tôt possible.
L'ancienneté fiscale du PEA se compte à partir de la date d'ouverture, pas du montant versé. Un versement symbolique de 100 € suffit à démarrer le compteur des 5 ans, sans aucun risque.
Ne jamais retirer avant 5 ans, sauf urgence vitale.
Un retrait avant ce délai entraîne en principe la clôture du plan et une flat tax de 31,4 % sur l'ensemble des gains cumulés, contre 18,6 % après 5 ans. Sur 20 000 € de gains, l'écart représente plus de 2 500 € de fiscalité supplémentaire,sans compter la perte définitive de l'avantage fiscal futur.
Surveiller les versements, pas la valorisation.
Le plafond de 150 000 € par personne (300 000 € pour un couple) se calcule sur le cumul des sommes versées, jamais sur la valeur du portefeuille. Un PEA qui vaut 250 000 € après des années de performance n'a rien dépassé si seulement 100 000 € ont été effectivement versés.
Le vrai risque vient des versements automatiques programmés depuis plusieurs années sans être revérifiés, notamment via une banque traditionnelle : c'est souvent là que le dépassement arrive sans que personne ne s'en rende compte, jusqu'au courrier de l'administration fiscale.
Ne pas confondre avec le plafond PEA-PME.
Le PEA-PME permet 75 000 € de versements supplémentaires, mais pas en addition libre du PEA classique : la loi PACTE a mutualisé les deux enveloppes sur un plafond global de 225 000 € par personne, soit 450 000 € pour un couple.
Concrètement, un couple qui adéjà saturé ses deux PEA classiques à 150 000 € chacun ne peut plus verser que 75 000 € de plus par personne sur un PEA-PME, jamais 75 000 € en plus des 300 000 € déjà versés.
⑦ Foire aux questions
Que devient mon PEA si je décède ?
Le PEA est automatiquement clôturé. Les gains constatés sont exonérés d'impôt sur le revenu, quelle que soit l'ancienneté du plan, mais les prélèvements sociaux restent dus au taux en vigueur au jour du décès. Les titres sont ensuite intégrés à l'actif successoral, selon le barème classique des droits de succession.
Le compte-titre est-il vraiment plus taxé que le PEA après 5 ans ?
Oui sur le papier : 31,4 % de flat taxcontre 18,6 %. Mais le résultat net final dépend surtout des frais réels de chaque contrat. Un compte-titre à frais bas peut dépasser un PEA logé dans une banque classique aux frais élevés.
Faut-il un PEA par conjoint ?
Oui, systématiquement. Le plafond est individuel. Concentrer les versements sur un seul conjoint prive le foyer de 150 000 € de capacité fiscale supplémentaire.
Peut-on cumuler PEA, assurance-vie et compte-titre enmême temps ?
Oui, et c'est même la logique la plus efficace pour la majorité des patrimoines. Chaque enveloppe joue un rôle différent : le PEA pour la croissance actions, l'assurance-vie pour la sécurité et la transmission, le compte-titre pour ce que les deux autres ne permettent pas.
Qu'est-ce qui rend le compte-titre plus compétitif qu'on ne le pense en 2026 ?
La qualité de l'enveloppe pèse presque aussi lourd que son statut fiscal. Un compte-titre chez un conseiller en gestion de patrimoine peut produire un résultat net très proche d'un PEA mal optimisé, malgré une fiscalité en apparence beaucoup moins favorable.
Qu'est-ce qui change avec la LFSS 2026 sur les prélèvements sociaux ?
Une nouvelle contribution, la CFA, s'ajouteà 1,4 % aux prélèvements existants sur le PEA et le compte-titre, portant le total à 18,6 %. L'assurance-vie a été explicitement exclue de cette hausse et reste à 17,2 %.
Peut-on transférer un PEA bancaire vers un conseiller en gestion de patrimoine sans perdre son ancienneté fiscale ?
Oui, à condition qu'il s'agisse d'un transfert du plan et non d'une clôture suivie d'une réouverture. La date d'ouverture d'origine, et donc le compteur des 5 ans, est conservée par le nouvel établissement. Une clôture suivie d'un nouveau versement chez un autre établissement, en revanche, repart de zéro.
Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Les scénarios chiffrés présentés dans cet article reposent sur des hypothèses affichées et ne constituent ni une prédiction ni un conseil en investissement personnalisé. Chaque situation patrimoniale mérite une analyse individuelle.
Sources
• Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 definancement de la sécurité sociale pour 2026 — Légifrance
• Articles 150-0 A à E du Code général desimpôts — régime fiscal du PEA
• Article 200 A du Code général des impôts —PFU, option barème progressif
• Article 990 I du Code général des impôts —abattement succession assurance-vie
• Article 157, 5° bis du Code général desimpôts — régime PEA au décès
• Décret n° 2019-878 du 22 août 2019 — réformePACTE, retraits partiels PEA après 5 ans
Je donne un vrai coup de boost à mon épargne
Vous avez un capital à placer, un objectif à atteindre ou simplement besoin d’un conseil ?
30 min d'échange
Audit Gratuit

.png)

